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Étapes

Je reprends à mon compte l'édito du dernier numéro d'Étapes (signé Étienne Hervy), le magazine de graphisme :

PETITES PENSÉES NÉGATIVES

  • Ne pas attendre d’avoir les réponses pour faire intervenir un graphiste. L’impliquer le plus en amont possible (qui sait, il est capable de poser ses propres problèmes en plus des vôtres).
  • - La communication n’est pas une chose trop sérieuse pour être confié à un designer graphique.
  • - La qualité d’une forme ou d’une idée n’est pas un handicap. (Rien n’est "trop beau pour vous", chers clients).
  • - Le champ du design graphique ne se limite pas à la communication d’unprojet.
  • - Une idée du client n’est pas une création.
  • - Une envie du graphiste n’est pas une création.
  • - La nostalgie et les "trucs sympas" sont les pires choses en design.
  • - Écrire en grand, gras, "tout cap", ne rend pas plus lisible.

- Il n’y a pas de démocratie en matière de design. - La lisibilité importe moins que la lecture. - Le graphiste ne fait pas du graphisme pour du graphisme, il tâche bien, avec un mode de réflexion visuel et un emploi adéquat des formes, à contribuer à la réussite et à la qualité des projets et des sujets qu’on lui soumet. Ça va mieux en le disant, d’autant que la liste pourrait continuer indéfiniment de ces formules qui tentent de toucher du doigt ce qui, dans la relation entre un designer, son client et leur sujet, est essentiel à la réussite d’un projet commun. On le sait, au-delà du contexte et du sujet de telle ou telle commande, ce sont bien des facteurs plus généraux qui posent problème. On retourne toujours au statut du graphiste, au manque de reconnaissance de la discipline, encore trop perçue comme un caprice d’artiste compromis et réduite à un passage de vernis cosmétique.
Ça va mieux en le disant, mais dans le fond, ces formules nous font retomber dans la recette précuisinée dont on voit mal comment elle pourrait améliorer le goût du public pour la bonne cuisine. Lentement mais sûrement, une partie de la profession et des graphistes opère une mue vers le statut de “designer graphique”. Il y a là à gagner par mimétisme une partie de l’autorité des designers industriels et des architectes, il y a à perdre la liberté sous-tendue par le passif du graphisme français. La balance se fait entre la promesse de l’exceptionnel et l’amélioration du cas général.

Étienne Hervy

 

la suite et tout le magazine dans l'excellent www.etapes.com

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